Cachan a choisi de repousser l’ouverture des crèches, écoles maternelles et élémentaires au « 25 mai au moins ». À rebours des consignes nationales annoncées dès le 13 avril par le Président de la République, et au contraire de la grande majorité des communes de France (90% d’entre elles, soit 85 % des écoles pour 1,5 million d’élèves selon le Ministère), Cachan n’est pas en mesure de participer à cette première phase de déconfinement. Et ce, au détriment des élèves, en particulier des plus défavorisés, ainsi que de leurs parents qui sont dans l’impossibilité de reprendre leur travail, le cas échéant !

Prioriser la sécurité sanitaire des enfants, des parents, des enseignants et des personnels communaux est une évidence. Toutefois, le risque zéro n’existe pas, et n’existera pas tant qu’un vaccin fiable ne sera pas mis sur le marché. Faudra-t-il attendre cette échéance avant de faire revenir les enfants dans nos écoles ? 

Le but de cette première phase de déconfinement est de remettre le pays en route. Entre autres, beaucoup d’enfants souffrent, de plus en plus, d’une déscolarisation relative ou totale. Et ce sont bien les enfants des foyers les plus défavorisés qui en subissent en premier lieu les conséquences.

De l’avis des enseignants, et malgré leur investissement, l’enseignement à distance n’a pas permis de garantir un niveau d’apprentissage et de stabilité équitable. Les élèves favorisés se l’approprient, disposant d’ordinateurs et bénéficiant de l’encadrement de leurs parents, tandis que d’autres élèves disparaissent des radars.

L’absence de réouverture des écoles impacte également lourdement les femmes, premières victimes du confinement, et les familles monoparentales, en empêchant le parent de reprendre son activité s’il doit garder son(ses) enfant(s).

Connaissant l’attachement que nous avons en commun avec la municipalité sortante aux valeurs de solidarité et d’égalité femme-homme, ne peut-on voir une incohérence dans la décision de ne pas rouvrir les écoles ?

Loin de nous l’idée de nier ici les difficultés qui se présentent à la mise en œuvre des mesures imposées par le Ministère pour la réouverture des écoles. Ces mesures de déconfinement sont complexes dans tous les milieux, et c’est bien logique tant cette pandémie est inédite. L’ensemble de la société s’y prépare depuis plusieurs semaines. Beaucoup d’écoles ont bien ouvert leurs portes le lundi 11 mai, avec les mêmes contraintes qu’à Cachan. La ville a d’ailleurs été capable d’organiser rapidement la prise en charge des enfants des parents mobilisés depuis plusieurs semaines.

L’information donnée par La Maire lors du Conseil Municipal du 7 mai dernier, selon laquelle elle ne disposerait pas des données précises concernant les élèves « volontaires » et les enseignants disponibles, interroge, d’autant plus qu’elle a précisé être en liaison constante avec les directeurs des écoles de la ville et les associations de parents d’élèves. Les communes qui ont ouvert les écoles le 11 mai et aujourd’hui 18 mai sont parvenues à recueillir ces informations, notamment par l’envoi de questionnaires aux familles. Cette relation de proximité avec les directeurs et le nombre de structures sociales travaillant auprès des plus fragiles, dont la ville s’enorgueillit fréquemment, auraient dû permettre de dresser la liste et le nombre des élèves prioritaires pour un retour en classe : enfants en situation de handicap, enfants décrochés scolairement ou perdus pendant le confinement, etc.

Ce que nous attendons donc de la Municipalité de Cachan, c’est de montrer des signes de volonté d’ouvrir les écoles le plus vite possible, d’y accueillir les enfants précités, dans un premier temps, pour les remettre dans un cycle de scolarisation normal, même incomplet, et éviter le risque de les retrouver dans la rue.

Nous proposons l’idée de l’ouverture d’écoles tests (par exemple les groupes scolaires de La Plaine et Paul Doumer) pour y accueillir les enfants ciblés de l’ensemble des écoles de Cachan, en scolaire et périscolaire. Ce pourrait être une bonne formule pour tester la mise en œuvre du protocole sanitaire et remettre rapidement les enfants les plus fragiles sur le chemin de l’école, en attendant une ouverture plus large. La mise en place d’études pour épauler les enfants en difficultés, sous forme de soutien scolaire, pourrait également être envisagée. La prudence n’exclut pas le pragmatisme, la bonne volonté et l’innovation.

Nous ne pouvons croire qu’en ces temps difficiles pour nos concitoyens, l’approche politique et partisane puisse guider l’action municipale, qui doit rester en toutes circonstances au service de tous les Cachanais. Nous serons particulièrement vigilants sur ce sujet.

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18 mai 2020


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